mardi 27 octobre 2009

Le coton

Je file à vélo. La rue est si calme. Je me sens calme, un peu étourdie même. Le ciel est d'un gris léger.
On dirait qu'il enveloppe la ville dans un coton doux.
On dirait qu'il nous chante une berceuse.
On dirait qu'il dit: tout doux tout doux, c'est l'hiver qui arrive.
C'est le temps de ralentir le rythme, de manger de bons potages chauds et d'allumer des chandelles.

© Julien Toppan avril 2007

Après trois semaines de recherche d'emploi et d'appart, me voilà enfin arrivée à bon port. Ouff! Je peux siffler. Je peux avoir de ces soirées silencieuses, seule, à contempler la nuit. Réapprendre à vivre seule, à méditer, à m'offrir de petits plaisirs. Une baguette bien chaude, un bon livre, mettre les pieds sur le calorifère pour les réchauffer.

Le silence, enfin

dimanche 18 octobre 2009

la marche

Aujourd'hui une journée de lâcher prise comme j'en ai de besoin quand ça surchauffe.
Café, livre, fenêtre. Temps mort dans une vie trop vite par moments.

Je cours de partout depuis mon retour. Chose normale, certes, mais ça me fatigue. Je file à vélo entre les visites d'appart, j'ai les neurones qui speed à une vitesse infernale!

Hier je marchais à côté de mon vélo en cherchant un numéro d'appartement. Je marchais vite. Je croise un monsieur qui marche avec une cane. Il me regarde avec de grands yeux et me dit qu'il est paralysé du côté gauche. Il me le dit avec un énorme sourire. Je n'arrive pas à m'empêcher de sourire avec lui. Il me dit qu'il est paralysé depuis qu'il a 50 ans et que maintenant il a 83 ans.
"ça fait longtemps!"
Qu'il me dit
Je lui réponds "Vous m'avez l'air plutôt en forme pour quelqu'un de paralysé"
ça le réjouis, il sourit encore plus et poursuit son chemin.


Je reste là. Merde alors. Ce type est paralysé depuis plus de 30 ans et moi je me fais un sang d'encre pour un appart!

lundi 12 octobre 2009

De retour à Montréal après 4 mois et des poussières passés à Kelowna.
Je suis vraiment heureuse d'être ici, de voir l'automne.

L'hiver arrive, mon premier hivers depuis belles lurettes à Montréal. J'ai hâte de rembarquer sur mon vélo, de parler français, de boire des chocolats chauds chez Juliette et chocolat, de prendre une bonne pinte de bière au cheval blanc, de faire des soupes à plus finir, de jouer dans la neige, d'avoir les pieds tout mouillés et congelés, d'avoir la goutte au nez et les joues rouges.

Ouais c'est bon d'être chez soi un peu...
J'ai beaucoup réfléchi, j'ai pris mon temps. J'ai appris à fermer la gueule et écouter et ça a payé. Méditer c'est écouter le silence et quand on écoute on comprends bien des choses. Moi par exemple, jouer dans la terre, être crottée à longueur de journée, c'est ce que je suis. Je ne peux juste pas être dans un bureau. J'ai besoin de cette simplicité.

Je ne sais trop comment c'est arrivé. Il y a quelques semaines, je prenais un café lors d'une de mes journées de congé. C'était une journée ensoleillée, mais j'étais vraiment crevée et je faisais la paresseuse qui reste éternellement sur le divan. Je me rappelle m'être dit que j'aimerais bien que quelqu'un vienne me sortir de cette fatigue et m'amène faire quelque chose de trippant. Évidemment, quelqu'un a cogné à la porte. Un bon ami que je n'avais pas vu depuis longtemps. C'est à peine s'il prend le temps de me dire bonjour qu'il se précipite sur mon ordi pour me montrer quelque chose. Il semble fébrile, excité.

Voilà, ça commence par un www puis quelque chose comme: permaculture_university_kinsale_ireland. La page apparaît. C'est une université en Irlande. Ils offrent un cours de permaculture. Je lis, je regarde les photos et mon cœur commence à battre fort.

Oh merde! (moi)
"T'as vu! Je savais que ça allait te plaire!!!" (mon surexcité d'ami qui saute déjà partout)

À ce moment là, tout s'est très très bien aligné dans ma tête. Fan tu vas aller étudier la permaculture en Irlande. Tu vas y aller parce que tu as toujours voulu étudier la permaculture et que si tu ne te bottes pas le cul, tu vas passer à côté de l'unique opportunité de savoir si vraiment tu peux faire ça comme boulot.

ok

Je le fais. Je reviens à Montréal. Je boss pendant 5 mois et après je vais étudier la permaculture.

Voilà, c'est ça mon plan. Oulà! ça fait du bien d'avoir un plan!!

mardi 22 septembre 2009

The big picture

Andrea ma collègue arrive au boulot, exténuée...

Qu'est-ce qui se passe?

Mon fils est malade, qu'elle répond, il n'a pas dormi de la nuit.
Tout est sorti, qu'elle ajoute:
"Je ne veux plus aller à l'école
Je ne veux plus vivre au Canada (la famille d'Andrea vient d'immigrer de l'allemagne)
et en plus maman...

silence

Je vieillis!"

et il éclate en sanglot...

Le fils d'Andréa a 10 ans.

En écoutant ce témoignage d'Andréa tout le monde au bureau rit


Hier je suis allée à une conférence sur le Bouddhisme. Le sujet était la roue de la vie et le perpétuel cycle de souffrance qui est la base de l'enseignement Bouddhiste. En gros, tout est souffrance. Tout est un perpétuel cycle de naissance et de mort.

Moi qui écrit présentement est un cycle de souffrance.

Pourquoi j'écris?
Quel est mon Karma, mon intention?
Partager mon expérience pour valider mon entité en tant que personne séparé du reste du monde?
Pour valider mon égo?

Les Bouddhistes disent que nous sommes enchaîné dans ce cycle de souffrances parce que nous ignorons la raison profonde de nos actions quotidiennes.

Pourquoi s'acheter une nouvelle paire de jeans ou un nouvel Ipod ou une nouvelle guitare?
Pourquoi ce besoin constant de "combler" un vide cette urgence de se sentir "plein".
Plein d'amour, plein de bouffe, plein de nouveaux gadgets, plein de nouveaux trophées...

La suggestion proposée par l'approche Bouddhiste est de comprendre que tout naît et tout meurt à un moment ou à un autre et que nous ne pouvons rien y faire...

À première vue, c'est plutôt déprimant non?!

Cette énoncé permet un détachement de notre environnement, de nos besoins, de nos sentiments. Le Bouddhiste décortique donc ses sentiments, il les analyses.

Disons Bouddha, qui jeûne depuis des semaines. Je lui fait une bonne tarte chaude et je lui met une boule de crème glacée sur le dessus. Je Lui met sous le nez... Son raisonnement serait quelque chose comme:

Je ressens la faim, J'ai envie de manger cette tarte aux pommes:

Pourquoi ais-je besoin de manger cette tarte?
Pour combler un vide
Un vide que je peux combler en m'élevant au dessus de cette souffrance crée par la faim. Un vide que je peux combler en étant conscient de ce besoin, mais en n'y répondant pas...

Le conférencier arrête pour boire de l'eau... J'en profite pour poser une question:

- Disons que je surf sur internet et que je tombe sur un site de cirque. Je ressens la curiosité; j'aimerais essayé la jonglerie... Si je suis le cycle Bouddhiste, cette curiosité se traduirait par un besoin de combler un vide

Conférencier: c'est exact

Mes deux épaules tombent
- Alors on devrait tous rester dans des sous-sols gris et méditer toute la journée!?

Tout le monde ris

Je ne me sens pas loin du fils d'Andréa...!

samedi 12 septembre 2009

L'algèbre

Voilà. Ce matin tout s'est mis en place.

Oui

Avec ma tasse de café et mes tartines. J'ai vu le tout en couleur.

Pas de prob fan. Là t'as le plan de la mort.

Un truc que j'ai appris d'un ami, ne jamais divulguer le plan avant d'être sur que ça va marcher. Je n'ai jamais vraiment réussi à tenir ma langue. Je finis toujours par rêvasser à voix haute. Je passe d'un trip au mont Everest à une retraite dans un ashram indien rien de plus!

Et voilà, ce matin.

Un samedi matin comme je les aime. Un samedi matin où tout le monde souffle enfin. LE matin où je sens la ville roupiller dans des draps chauds alors que je file à vélo. J'adore ces matins aux rues vides. J'ai l'impression d'être la seule survivante d'une épidémie qui a détruit l'espèce humaine.

Julien Toppan avril 2007

Ce matin donc, tout était parfait. L'équation mathématique qui m'apparaissait sans fin s'est tout bêtement terminé par un simple x = 2.

La vie c'est comme l'algèbre. On commence par une merde remplie de chiffres interminable pour en arriver à une équation absurdement simple.

Samedi matin = tout est ok
x = 2

mercredi 2 septembre 2009

l'équation du zucchini hydraté

La saison change. Il fait toujours aussi chaud, mais les matins sont frais. La saison touristique est terminée. Les voyageurs rentrent chez eux. Le temps ralenti.
On commence à faire la propagation des plantes. Beaucoup de recherche, de développement, de jardinage. Enfin un peu de stimulation intellectuelle.

Mes pensées sont particulièrement illégales ces temps-ci. Si on veut mettre des chiffres (parce qu'on comprends toujours plus quand il y a des chiffres), je suis à 80% dans la projection et la balance est éparpillée aux quatre vents. Méditer devient un sport olympique, une équation mathématique cryptée et complexe.


Le diagnostique?

Il n'y en a pas, d'où ma plus grande confusion. Me voilà à Kelowna, dans moins de deux mois je n'aurai plus de boulot. Je peux faire ce que je veux, partir où je veux. La grande question, qui en a toujours été une. La putain de question qui me suit depuis près de deux ans: Qu'est-ce que je fais maintenant?

Hier j'étais un prof de yoga; le jour d'avant une artiste qui converti de vieux appareils en œuvre organique, le jour d'avant j'étais herboriste, fermière, etc.

Des fois je me dis que j'aimerais être juste un peu moins cérébrale. Juste un peu moins. Juste assez pour continuer à être consciente. Mais merde juste un peu moins pour arrêter d'intellectualiser, de rationaliser, "d'émotionaliser" mon quotidien.

Il est 15h, il fait chaud. À 17h je dois être à la ferme. Je dis "dois" parce que franchement j'ai juste aucune envie de décoller de ce divan et de mon 3e refil de café. Une autre ride de vélo, un autre 40 minutes de muscles qui s'échauffent. Juste un autre, un de plus; qui s'ajoute à la liste déjà longue.

Je pense que je devrais me prendre un permis de conduire. ça résoudrait pas mal de mes ennuis.

mardi 25 août 2009

La journée de rêve
Je pars ce matin sur mon vélo. C'est ma journée de congé. Je vais chez cette dame et je fais des petit trucs dans son jardin en échange d'un panier énorme de légumes. J'adore son jardin. Il est immense et tellement... fertile!

En revenant je passe me prendre un café avant d'aller au parc voir mes potes, les artisans ;)
Je m'amuse avec mes nouvelles bolasses, un peu plus lourdes. Puis je rencontre un tatoueur qui m'offre tout bonnement de me peindre et de prendre des clichés. Je suis touché. Il est déjà parti dans son élan de création avant même que j'ai dit un mot.

Le soir arrive. Je suis déjà hyper "high" de ma journée mais le mieux reste à venir. Je rencontre un groupe de joueurs de poi en feu. Wow des poi en feu!
On m'offre de spinner. Ola! J'ai le coeur qui cogne, je n'ai plus de salive alors qu'on me tend ces deux boules en feu...

Photo de Yoggibat

Après 4-5 secondes, je suis complètement confortable. Spinner le feu est extrêmement relaxant. Le bruit des flammes isole complètement du reste du monde. Je ne pouvais m'empêcher de sourire alors que je faisait voler ces balles autour de moi. Résultat: j'en veux plus!

Je suis juste pleine de gratitude pour cette journée remplie d'extase...